Christian Demuynck, sénateur-maire UMP de
Seine-Saint-Denis, a soutenu jeudi la décision du chef de la police du
département de filmer les situations où la police est agressée, après les
récentes violences policières filmées à Montfermeil par un témoin.
"Les fonctionnaires ont frappé
quelqu'un de menotté, c'est inadmissible mais les autres scènes de violence le
sont aussi, il faut qu'on mette les images aussi de notre côté", a déclaré
mercredi le directeur de la
Sécurité publique de Seine-Saint-Denis, Jean-François
Herdhuin, en annonçant le recrutement prochain d'un "caméraman de la
police".
Que la police filme elle aussi
"ne peut apporter que plus de transparence aux actions menées par les
forces de police", "c'est le meilleur moyen d'éviter les vidéos bidonnées
d'apprentis Spielberg qui remettent en cause, de façon injuste, le travail de
nos policiers", écrit M. Demuynck dans un communiqué.
Certains "mettent leur vidéo
sur Internet" et "n'hésitent pas à monter les images. Ce que nous
retrouvons en ligne peut donc être partiel et partial" quand il ne s'agit
pas pour "certains délinquants" de "théâtraliser leurs
+exploits+", poursuit le sénateur. Filmer "permettrait ainsi d'éviter
tout dérapage, toute polémique et toute escalade inutile", juge-t-il.
En Seine-Saint-Denis, la police
dispose déjà de moyens vidéos (une soixantaine de véhicules avec caméras
embarquées et une vingtaine de "caméras-bouton" accrochées à
l'uniforme) mais ces équipements ont vocation à être des outils d'aide aux
identifications et aux enquêtes.
Le "caméraman de la
police" sera envoyé sur les interventions les plus susceptibles de
dégénérer avec pour mission de "surprendre les violences commises contre
la police, légitimer notre action et l'emploi de la force", a précisé M. Herdhuin.
Interrogé par l'AFP, Mohamed
Mechmache, du collectif AC le feu né après les violences urbaines de 2005,
"ne croit pas" à l'impartialité de films tournés par la police:
"ils vont filmer les rébellions mais est-ce qu'on nous montrera les images
d'un jeune qui se fait frapper?". "Est-ce que cela ne vas pas aussi
légitimer pour la police le droit de rétorquer?", s'inquiète-t-il.
Pour Alliance (second syndicat de
gardiens de la paix), cela "légitimera l'intervention de nos collègues
qui, dans la majorité des cas, est conforme à la législation face à des actes
de rébellion notamment".