Je veux d'abord dire ma
satisfaction devant ce budget, qui montre que la France va dans le bon sens
et prépare l'avenir. Lorsque viendra la sortie de crise, nous aurons grand
besoin d'innovation. Les crédits de la mission sont ainsi, pour la majorité et
le Gouvernement, non de simples dépenses de fonctionnement mais des dépenses d'investissement.
Ce budget est une
réelle priorité de l'État ; il augmente en effet, dans un contexte
contraint, de 6,5 %, soit de 1,8 million d'euros. Pour les trois
années à venir, 17 % de crédits supplémentaires sont prévus. Comme l'a dit
M. Etienne, c'est du jamais vu ! Et la preuve que le Gouvernement
entend répondre aux enjeux de demain.
Avec le « Plan
campus », des pôles d'excellence universitaire vont voir le jour -je dis
ici ma satisfaction de voir mon département de la Seine-Saint-Denis et
ses jeunes si souvent stigmatisés bénéficier d'un pôle de sciences humaines à
Aubervilliers. La réorganisation du CNRS est entamée, et la culture de
l'évaluation y sera renforcée au profit de l'excellence scientifique et des
synergies entre organismes. Vous voulez, madame la ministre, une recherche
publique plus autonome, capable de trouver des financements alternatifs. Face
aux moyens déployés par les États-Unis et les pays émergents, la France doit mieux
identifier ses domaines d'excellence.
La France est confrontée à une
fuite de ses cerveaux ; ses universités forment des chercheurs de grande
qualité, qui sont cependant contraints de s'expatrier pour trouver de
meilleures conditions de travail et de rémunération. Le taux de chômage des
docteurs est en France de 7,4 % contre 1,9 % outre-Atlantique. Devant
ce véritable gâchis qui pèse sur notre économie et désespère les jeunes
diplômés, vous améliorez l'attractivité des postes de chercheur avec un effort
d'un milliard d'euros entre 2009 et 2011.
Je m'interroge d'autre
part sur l'efficacité du crédit d'impôt recherche. La dépense de recherche
privée en France est insuffisante, notamment dans les PME. Une enquête récente
d'un cabinet américain en stratégie relève que nos entreprises dépensent plus
en recherche à l'étranger qu'en France. Le crédit d'impôt recherche y est-il
pour quelque chose ? Un meilleur ciblage n'est-il pas opportun ?
Quant aux pôles de compétitivité lancés en 2005, les deux organismes
indépendants qui les ont évalués l'été dernier ont reconnu leur caractère
prometteur en soulignant toutefois que certains d'entre eux n'avaient pas
atteint leurs objectifs. Depuis, aucune réorganisation n'a été constatée.
Madame la ministre, pourriez-vous nous en dire plus sur ces évaluations et
sur les conclusions que vous en tirez ?
Pour que l'Union
européenne devienne, selon les termes de la stratégie de Lisbonne,
« l'économie fondée sur la connaissance la plus compétitive du
monde », 550 000 emplois scientifiques doivent être créés en
Europe d'ici 2010. Sous l'impulsion du Président de la République, la France prendra toute sa
part dans la construction de la recherche européenne. Ce budget pour 2009
marque la volonté du Gouvernement de miser sur notre jeunesse, sur nos
chercheurs, sur nos entreprises pour que la France occupe une position prépondérante en
Europe et, au-delà, sur l'échiquier mondial face au leader que sont les
États-Unis et aux challengers que sont la Chine et l'Inde. Je ne peux
que partager cette volonté, je voterai donc les crédits de cette mission.